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Louis Braille est né le 4 janvier 1809 à Coupvray, en Saine et Marne. Son père était le bourrelier de Coupvray et Louis était le plus jeune d'une fratrie de 4 enfants. A trois ans, jouant dans l'atelier familial, le jeune Louis se blesse à l'œil avec une alêne. L'infection qui suit gagne l'autre oeil et 1 an plus tard c'est la cécité.
Il est avéré que le jeune aveugle fréquenta l'école du village, tout en contribuant à la maison au travail familial de la bourrellerie : il confectionnait, paraît-il, des franges de harnais, ce qui l'aida probablement à développer son habileté manuelle, qualité fort utile dans son cas. Ses parents savaient lire et écrire. Il est certain qu'ils étaient très conscients de l'importance d'une bonne instruction pour un enfant aussi gravement handicapé qu'était leur fils Louis. En 1819, Louis Braille, alors âgé de 10 ans, fut admis à l'école pour aveugle fondée par Valentin Haüy. Valentin Haüy était un pédagogue français (1745-1822), traducteur et expert en écriture, il entreprit d’instruire et de faire travailler tous les jeunes aveugles en un temps où ils étaient promis à l’ignorance et la mendicité. En 1784, il ouvrit à Paris, une école devenue l’actuelle Institution nationale des jeunes aveugles. Il résolut d’abord le problème de la lecture en inventant les caractères en relief. L’année où Louis entra à l’école pour aveugle, le capitaine d'artillerie Charles Barbier de la Serre présente aux aveugles sa "Sonographie" ou "Écriture nocturne" qui permet aux militaires de tracer et de lire des messages dans l'obscurité. Il s'agit d'un système phonétique d'écriture en points saillants. Deux rangées verticales de 6 points sont utilisées pour représenter les différents sons.
Dès son entrée à l’institution, Louis Braille apparut comme un élève de premier ordre. Il réussissait dans toutes les disciplines enseignées et raflait toutes les récompenses, qu’il s'agisse de tâches manuelles ou de travaux intellectuels. Braille n’avait pas encore quinze ans qu’on lui confiait déjà certaines responsabilités d’enseignement. On lui attribua de plus en plus de fonctions de toutes natures à l’Institut.
Louis Braille a alors 12 ans et n'est pas satisfait : trop de points, absence d'orthographe, aucun accent, aucune ponctuation pas de signes pour les mathématiques et la musique. Il propose alors, à l'âge de 15 ans, un code alphabétique, construit d'une manière géniale à partir de 2 rangées verticales de 3 points. Ce premier alphabet n'était pas exactement celui que nous connaissons mais sa partie principale - les quatre premières séries - était la même qu'aujourd'hui ; il comportait, outre les points, un certain nombre de traits lisses qui ont rapidement disparu.
Dans son exposé, Braille décrit la « planchette et le « stylet » mais ne dit pas comment réaliser les traits lisses. On ne connaît pas les règles que Braille s'est fixées pour établir la première série de signes, dont les autres découlent. Ce que l'on sait, c'est que Braille a été très attentif à écarter les signes qui auraient pu prêter à confusion car trop proches les uns des autres.
Louis passa de nombreuses années à perfectionner son système de notation. En 1828, Louis Braille étendit son système à la notation musicale. A gauche, technique des notes en relief selon le procédé de Haüy, à droite, notation en braille. Le braille permettait aux musiciens non seulement de lire la musique, mais d'en écrire.
En 1829 Louis Braille publie un opuscule pour expliquer son écriture : 64 combinaisons donnant toutes les lettres de l'alphabet, les voyelles accentuées, les chiffres, la ponctuation, la notation mathématique et la musicographie.
Les élèves de Louis Braille (il devient professeur à l'institution royale des aveugles à partir de 1826) accueillent cette invention avec enthousiasme. Ils adoptent le Braille car ils en vérifient immédiatement la supériorité sur le système classique de représentation en relief des lettres ordinaires.
Il restait cependant un problème important que le braille ne résolvait pas : celui de la communication entre aveugles et voyants, qui avait été une des préoccupations majeures de Valentin Haüy. On ne pouvait évidemment pas demander que le braille soit enseigné dans les écoles des voyants, même si cette écriture ne présentait aucune difficulté d'apprentissage pour qui utilisait ses yeux et non ses doigts. C'était aux aveugles de se mettre à la portée des voyants et Louis Braille en était parfaitement conscient. Mettant une fois de plus en action son imagination et son intelligence, il inventa une méthode nouvelle qu'il exposa en 1839 dans une petite brochure imprimée en noir, intitulée : « Nouveau procédé pour représenter par des points la forme même des lettres, les cartes de géographie, les figures de géométrie, les caractères de musique, etc., à l'usage des aveugles ». En gros, cette méthode était basée sur un repérage, par coordonnées, de points en nombre suffisant pour permettre d'une part la reconnaissance visuelle de lettres, chiffres et autres signes des voyants, d'autre part leur reconnaissance tactile par les aveugles. Coltat nous explique que, « pour déterminer exactement la séparation à mettre entre les différents signes alphabétiques et la grandeur que doit avoir chacun de ces signes », Braille fit construire « un grillage à jours très fins ». Il nous dit également que « pour rendre invariables les dimensions des lettres, il imagina de dresser un tableau indiquant le nombre de points exigés par la forme d'une lettre et aussi les positions successives que doivent prendre ces points pour représenter les différentes parties de sa figure ». Le « nouveau procédé » de Braille permettait de résoudre le problème posé mais il était très lent.
En 1839 afin d'optimiser ce procédé peu rapide, il mit au point le raphigraphe ou planche à pistons avec François-Pierre Foucault, un de ses compagnons d'école. L'unique poinçon est alors remplacé par dix pointes à ressorts.
C'est le précurseur de l'imprimante à aiguille. Les caractères de l'alphabet classique (utilisé par les voyants) sont formés par une succession de points imprimés et en relief sur le papier, à l'aide de petites pointes encrées. Une manivelle fait avancer l'appareil, pour former les mots. Il demandait une grande connaissance des différentes combinaisons de touches.
Le raphigraphe fut utilisé pendant plus de cinquante ans avant l'apparition de la machine à écrire, que les aveugles ont rapidement appris à utiliser en dépit de son inconvénient : l'impossibilité pour l'aveugle de se relire. C’est vers 1835 que les proches de Braille ont pu remarquer qu’il commençait à être sujet à des quintes de toux de plus en plus régulières. En tenant compte de ce fait, on allégea petit à petit ses tâches de professeur, ne lui laissant à partir de 1840 que ses leçons de musique. Il décida alors lui-même, en 1844 d’abandonner définitivement l’enseignement. Il profita de son temps libre pour essayer de donner encore plus d’ampleur à son travail et inaugura en 1847 la première machine à écrire le braille. Cependant, c’est dans la nuit du 4 au 5 décembre 1851 qu’une hémorragie abondante du poumon l’obligea à cesser toute activité. Alité, de plus en plus affaibli par des hémorragies successives, il mourut le 6 janvier 1852, à l'âge de 43 ans, d’une tuberculose, en présence de ses amis et de son frère. Il fut inhumé le 10 janvier à Coupvray, selon la volonté de sa famille. Il fallut attendre un siècle pour que la dépouille mortelle de Louis Braille, bienfaiteur de l’humanité, rejoigne enfin, au Panthéon, les plus grands des personnages français. Il fut cependant décidé de laisser, en hommage à son village d’enfance, ses mains inhumées dans sa tombe à Coupvray… Depuis lors, c'est dans le monde entier qu'on utilise sa géniale invention. Louis Braille a légué au monde un alphabet qui s’écrit dans tous les dialectes et dans toutes les langues. Il est le plus grand artisan de la promotion intellectuelle et sociale des aveugles. Pour transcrire en Braille l'écriture ordinaire, on dispose actuellement de machines électroniques perfectionnées, mais la tablette primitive de Braille n'en reste pas moins en usage. Tiré du site de l' ARPA. Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent écrire des commentaires. Veuillez vous identifier ou vous enregistrer. Powered by AkoComment 2.0! |